Arrêts de travail : où en est-on ?
Les arrêts de travail sont en constante progression et leur coût pour les entreprises ne cesse d'augmenter. Entre renforcement des actions de prévention et nouvelles mesures issues de la LFSS 2026, les employeurs doivent s'adapter à un cadre réglementaire en évolution. Voici les principales informations à retenir.
Absentéisme : un état des lieux
L'absentéisme demeure un enjeu majeur pour les entreprises. Entre 2019 et 2024, le nombre d'arrêts de travail indemnisés a progressé de 10 %. En parallèle, les indemnités journalières versées par l'Assurance maladie (hors fonction publique) s’élèvent à 17,9 milliards d'euros en 2025, soit une augmentation de 7 milliards d'euros par rapport à 2016.
Cette évolution pèse directement sur les entreprises, tant sur le plan financier (complément de salaire, prévoyance) qu'organisationnel (réorganisation des équipes, baisse de productivité ou surcharge de travail).
Les arrêts pour maladie représentent 85 % des arrêts indemnisés, mais ce sont les accidents du travail et les maladies professionnelles, moins nombreux, qui génèrent des coûts plus élevés. En 2024, le taux d'absentéisme en entreprise est estimé à 5 %, soit près de 21 jours d'absence par salarié sur l'année. Si le nombre global d'accidents du travail recule légèrement (-1,1 %), les accidents graves ou mortels ainsi que les maladies professionnelles continuent de progresser, soulignant la nécessité de renforcer les actions de prévention.
Prévention : un levier essentiel pour limiter les absences
Face à cette évolution, les pouvoirs publics renforcent les dispositifs de prévention et de contrôle. L'Assurance maladie prévoit notamment d'intensifier ses actions d'accompagnement des entreprises, tout en développant les contrôles destinés à lutter contre les arrêts de travail frauduleux.
La prévention reste toutefois le principal levier pour réduire l'absentéisme. Les principales causes d'absence sont aujourd'hui liées aux conditions de travail, à l'augmentation des maladies chroniques, aux troubles musculosquelettiques, aux risques psychosociaux, aux expositions aux risques professionnels ou encore aux difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.
Dans ce contexte, les employeurs ont tout intérêt à intégrer la santé au travail dans leur politique de prévention, afin de préserver la santé des salariés, limiter les interruptions d'activité et favoriser le maintien dans l'emploi.
Ce que dit la loi
La LFSS 2026 introduit plusieurs évolutions destinées à mieux encadrer les arrêts de travail. À compter du 1er septembre 2026, la durée d'une prescription initiale d'arrêt de travail sera limitée à 31 jours et à 62 jours pour un renouvellement. Au-delà de trois mois de renouvellement, le professionnel de santé pourra être amené à solliciter l'avis du service du contrôle médical.
Par ailleurs, pour les sinistres survenus à compter du 1er janvier 2027, la durée maximale de versement des indemnités journalières au titre d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle sera limitée à quatre ans, sous réserve des conditions prévues par les textes.
Enfin, le Plan Santé au travail 2026-2030 s'inscrit dans la continuité des réformes engagées ces dernières années. Il prévoit de renforcer les dispositifs favorisant la prévention de la désinsertion professionnelle et le retour à l'emploi, notamment grâce à la visite de pré-reprise, au rendez-vous de liaison ou encore à l'essai encadré.
En tant qu’expert-comptable, au-delà de la gestion de la paie et des obligations sociales, vous pouvez accompagner vos entreprises clientes dans l'anticipation des évolutions réglementaires, l'évaluation du coût de l'absentéisme et la mise en œuvre d’actions de prévention des risques professionnels.